A pied vers Ushguli, épisode 2

Je pensais faire une bonne nuit grâce à la vodka, mais ça a été tout le contraire. Non, je n’ai pas été malade : malgré ma diète alcoolique de quelques mois, j’ai plutôt bien résisté aux 3 toasts incompréhensibles de mon hôte. Ce n’est que la pluie qui m’a empêché de dormir, et aussi — mais le croirez-vous ? — le fait que j’ai eu un peu chaud …

Ah, les belles couleurs d'automne !

Ah, les belles couleurs d'automne !

Le matin, au son des quelques averses qui passent, je me fais mon petit déj (rien de tel qu’une bonne soupe de nouilles pour tenir la journée), plie la tente sous la pluie, et vais faire mes adieux, et après avoir refusé poliment l’invitation à boire un petit chaï, j’entame la journée sous un ciel menaçant.
Mais la journée qui avait mal commencé, se déroule presque sans encombre. Soit, je peine un peu à monter jusqu’au point culminant de la journée et manque de me faire attaquer par 2 chiens sortis de nulle part au milieu de la montagne, mais je ne me perds pas, et le temps s’améliore au fur et à mesure que j’avance, et c’est sous le soleil que j’arrive au petit village d’Adishi, étape de la journée.

Le village d'Adishi

Le village d'Adishi

J’hésite un instant à camper, mais comme Marina, mon hôte de Mestia, m’a recommandé une famille, je décide d’aller au moins voir. Je traverse ainsi le village déserté à la recherche de Jora Kaldani. Le village est à la fois beau et triste : une bonne moitié des bâtiments est en ruine et on sent que le village sur la fin de sa vie. Seules 4 familles y vivent encore, et la quasi totalité de la nouvelle génération étudie à Tbilisi ou à Kutaisi (la deuxième ville du pays) et n’a aucune intention de revenir habiter au village.

Toujours Adishi

Toujours Adishi

Je finis par trouver le fameux Jora Kaldani, qui est fait le beau-frère de Marina. Alors que j’explique que j’ai amené ma propre nourriture, la femme de Jora m’offre de dormir chez eux en échange de « ce que tu voudras », ce qui me paraît un bon deal. Je passe donc une bonne soirée au coin du poêle et au son de la télé — un feuilleton espagnol doublé en Géorgien sans avoir retiré la bande-son originale, et avec seulement 2 voix : une pour les hommes et une pour les femmes. Egalement, je ne regrette pas d’avoir emmené ma soupe de nouilles quand je vois que le repas du soir de mes hôtes consiste en des patates bouillies agrémentées d’un peu de beurre et de fromage, façon raclette du pauvre.

La grange et Jora en pleine activité

La grange et Jora en pleine activité

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