Visite de Vardzia et passage en Turquie

La gorge dans laquelle est située Vardzia

La gorge dans laquelle est située Vardzia

Me voilà donc à Vardzia, un des principaux sites de la Géorgie, que l’on m’a chaudement recommandé. Il s’agit d’une cité troglodyte, creusée dans une des nombreuses falaises de la région (avis aux grimpeurs, mais il faudra équiper) sur 13 niveaux. Vu de l’extérieur, ça donne un mur plein de trous dedans ; rien de très impressionnant donc, d’autant plus que comme il fait moche, la lumière est pourrie. Vu de l’intérieur, au début, ce n’est pas impressionnant non plus : après tout il ne s’agit que d’une succession de grottes de tailles variables, et on a beau se dire qu’elles ont été creusées à la main (comme en attestent les nombreuses marques de burin), ça manque de charme. Jusqu’à ce qu’on arrive à l’église principale, encore utilisée de nos jours par une communauté de moines vivant dans les grottes (comme un peu partout dans ce pays de bigots).

Vue générale de Vardzia

Vue générale de Vardzia

L’église est intégralement taillée dans la roche et décorée de fresques encore en assez bon état. De plus, dans une deuxième grotte encore plus grande, située derrière celle de l’église, il a été construit une petite chapelle. De là, part un tunnel qui semble interminable et nous mène dans une grotte située au-dessus de l’église, d’où l’on a une bonne vue sur la vallée.

La visite terminée, je récupère mes bagages et me fait déposer dans la petite ville d’Akhaltsikhe (n’essayer pas de prononcer) par la marshutka — dont le chauffeur est le frère du propriétaire de l’hôtel dans lequel j’ai dormi. Le dit chauffeur me remet entre les mains d’une dame qui a l’air d’être en charge des pauvres passagers qui souhaitent passer en Turquie. Elle m’explique qu’il y a un bus, téléphone, et me dit qu’on va prendre un taxi (vite, vite !) pour rejoindre le bus, arrêté un peu plus loin.

Vardzia, avec l'église principale sur la droite

Vardzia, avec l'église principale sur la droite

Là, c’est le début du drame. Elle me dit de payer 10 laris le taxi, et le chauffeur a à peine le temps de protester qu’elle lui dit quelque chose dans lequel je comprends le mot « touriste » et qui doit vouloir dire « t’inquiètes, c’est un touriste, il faut qu’il raque ». Ensuite, on me fait monter dans le bus, sans m’annoncer le prix, et je constate qu’il est vide. Le chauffeur me demande 50 liras, et je lui dis que je n’ai que des laris. « 50 liras, 50 laris, c’est pareil ! » Le taux est à 0.8 en ma faveur, vu le tarif exorbitant, je ne me fais pas prier et paie en laris, non sans avoir hésité un instant à prendre le taxi en sens inverse en laissant sur le carreau la gentille organisatrice (que je vois d’ailleurs encaisser sa com).

Nous ne croisons pas un seul véhicule avant la frontière, pourtant embouteillée par un nombre incroyable de camions en provenance de la Turquie. Le douanier fouille le bus sans trop se fouler et nous continuons en territoire turc. De plus en plus, je commence à me demander où est l’embrouille — surtout en voyant la tête d’arnaqueur de mon chauffeur et de son acolyte — jusqu’à ce qu’on arrive à la petite ville frontière de Posof. Là, on s’arrête dans un garage, tout le monde descend, je vois le chauffeur refiler en douce 50 liras à un mec ainsi qu’un bidon d’un truc qui ressemble à de l’huile ou de l’essence, et on s’installe dans une voiture.

Oh le petit tunnel !

Oh le petit tunnel !

On continue la route tandis que la nuit tombe, jusqu’à arriver en vue d’une petite ville. Le chauffeur m’annonce avec fierté « Ardahan ». Je lui explique que je n’en ai pas grand chose à faire et que moi je vais à Kars, ce à quoi il me répond en faisant signe de dormir. Il essaie ensuite de me déposer dans un hôtel de luxe, mais je le tanne tellement en l’engueulant dans un mélange de Français, d’Anglais et de Russe, qu’il finit par me déposer au centre-ville tout en me redonnant de l’argent pour payer mon transfert à Kars.

Bien entendu, les minibus pour Kars ne sont que le lendemain matin, si bien que je me mets en quête d’un hôtel, que je finis par trouver après 3 refus (qu’est-ce qu’ils ont, ils aiment pas ma barbe, ou quoi ?!). Il s’agit d’un des pires endroits de la terre. Les draps n’ont pas dû être changés depuis la création de l’établissement il y a 50 ans, époque de laquelle doit également dater le bout de pain rassis que je retrouve sur le rebords de la fenêtre. Je dors tout habillé en me jurant de fuir de cet enfer par le premier minibus du lendemain.

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